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Naviguer vers Londres avec style...

Naviguer avec voilier Elise à Londres, bien plus qu'une simple visite de la ville !

Il n’est pas nécessaire de promouvoir une visite à Londres, tout le monde connaît une raison pour visiter cette capitale polyvalente.  C’est en voilier qu’il faut la découvrir !  Ce sera une expérience unique.  C’est quelque chose de complètement différent d’un voyage dans un tunnel, en train ou même en ferry.

Londen Tower Bridge
Le Tower Bridge depuis l'Elise
St Katharine Docks

Tout d’abord, avec notre bateau, vous emportez votre chambre d’hôtel avec vous, pas de stress lié à la réservation d’un hôtel dans le centre ville, au transport des valises entre le train et le ferry ou le taxi jusqu’à un endroit de la ville.  Vous « mettez » votre salon, votre cuisine, votre chambre à coucher et même votre terrasse ensoleillée à côté de l’emblématique Tower Bridge, à portée de main de la Tour dans les célèbres St Katharine Docks.

Avec ce voyage, ce n’est pas seulement la destination qui est importante, mais le voyage, l’expérience.  Remonter la Tamise – entre des points de repère emblématiques, des monuments, des œuvres d’art – sur le chemin de la métropole est une expérience unique.  Ce mélange d’excitation, de reconnaissance et d’étonnement est difficile à décrire.  Tout le monde à bord est d’accord : la Tamise est le point culminant du voyage !

Il est préférable de naviguer sur la Tamise à la lumière du jour. Il s’agit d’un trajet de 40 à 45 miles, il faut suivre le chenal et respecter scrupuleusement les instructions de l’autorité du port de Londres.  Tout au plus, une petite voile de soutien si le vent est favorable dans le parcours sinueux.  Avant tout, nous voulons profiter de cette navigation au près.

Nous cherchons à faire du courant (LW) pendant le voyage. Nous commençons à marée basse dans l’estuaire pour arriver à la Tour à marée haute.  Cela semble facile, mais pas toujours évident.

Pour commencer au bon moment, il faut presque faire le trajet Ostende-Londres en au moins deux jours. Comptez donc une journée pour naviguer jusqu’à l’embouchure de la Tamise.  Là, nous choisissons un mouillage pour une nuit à Queenborough, la base idéale.

Planifiez bien ! Il y a quelques restrictions.

Préparez tout bien et surveillez la météo pour réussir la traversée jusqu’à Queenborough.  Il s’agit d’un voyage d’une journée bien remplie : la traversée de la Manche avec une partie au vent de l’estuaire, comptez 14 heures pour 85 milles nautiques.  Il faudra se lever tôt et espérer une navigation sportive.

Départ du port d’attache d’Ostende à 6h00, c’est-à-dire la veille passer l’écluse et amarrage au ponton d’attente.  Ce sera un petit déjeuner à la voile !  Nous en profitons : avec un peu plus de 20 nœuds de vent de sud-ouest, nous avançons à 8 nœuds sur le fond jusqu’à la bouée Sandettie.  Un ris dans la grand-voile et un génois également légèrement réduit, c’est une navigation rapide et confortable ! 

Quelque 9 heures plus tard, après une traversée tranquille du système de séparation du trafic (TSS, l’autoroute des navires), nous entrons dans l’estuaire.  Nous naviguons près de Margate, en surveillant les parcs éoliens et l’activité professionnelle, avec la radio VHF sur le bon canal de trafic.

Zonsopgang Noordzee

Le « Port of London Authority » propose sur son vaste site Internet une section consacrée à la croisière de plaisance, qui décrit très clairement la manière de remonter la Tamise.  Outre les instructions de navigation, on y trouve les itinéraires de navigation, les bouées, les ports, les lieux d’intérêt, ainsi que les coordonnées et les numéros de téléphone des ports de plaisance.  
Port of London guide

D’étranges créatures montent la garde dans l’estuaire : des constructions dignes de Star-Wars !  Les Red Sand Forts sont une série de sept forts interconnectés situés sur un banc de sable dans l’estuaire de la Tamise.  Ils font partie des forts Maunsell (du nom de l’architecte Guy Maunsell).  Ils servaient à défendre la rivière et Londres contre les bombardiers allemands et les Schnellbote et à protéger les convois alliés.  Aujourd’hui, ils restent des figures fantomatiques de la Seconde Guerre mondiale.

À la bouée Medway, nous mettons le cap à bâbord pour remonter le fleuve du même nom, où nous attend Queenborough.  Nous empruntons un chenal clairement défini, et c’est tant mieux, car à tribord, nous apercevons un cercle de bouées de danger et des mâts à moitié décomposés qui dépassent. 

Red Sand Forten

Il s’agit de l’épave du SS Richard Montgomery, un Liberty ship américain qui s’est brisé en deux à la fin de la Seconde Guerre mondiale, après s’être échoué sur un banc de sable.  Rien d’extraordinaire en soi, mais le navire était bourré de munitions (7 000 tonnes) dont quelque 1 400 tonnes de cargaison hautement explosive gisent encore dans et autour de l’épave.  Les experts se livrent à de vives polémiques sur le danger imminent d’une explosion.  Les prédictions les plus effrayantes parlent d’une colonne d’eau et de débris de 3 000 mètres, d’un tsunami de 5 mètres qui détruirait la ville et le port de Sheerness, d’un raz-de-marée qui menacerait Londres et provoquerait des inondations… Personne n’ose lancer une opération de sauvetage (pourtant nécessaire selon les experts) et nous restons très prudents entre les bouées commandées…
La navigation n’est pas loin, après la bouée de Queenborough Spit, un peu en amont de la rivière Swale, on peut s’amarrer vers 21 heures et chercher un pub local.

Se lever tôt pour remonter la Tamise à marée basse.  En partant à 7 heures, nous avons du courant pendant la plus grande partie du voyage.  Nous sommes au cœur de Londres peu après midi.

Cette fois-ci, nous tournons à l’ouest avant la méchante épave et contournons la bouée bâbord « Nore Swatch » pour rejoindre le chenal balisé (recommandé pour les yachts).  On le suit d’abord à bâbord, puis on le traverse et on continue à tribord.

Il faut faire attention au trafic de marchandises, car après une première section de paysage plat, le tronçon industriel commence, qui dure un certain temps.  Le long du fleuve, il y a une série de jetées et de grues où les grands paquebots embarquent ou débarquent leurs cargaisons.  Le long de la route, il y a des ports industriels dans chaque bras de mer.  À Tilbury en particulier, la voie navigable est très fréquentée et étroite.  Sur la radio VHF, nous entendons régulièrement des avertissements à l’intention de tous ceux qui menacent d’entrer dans la route des navires de haute mer.  Nous n’en avons pas besoin, car tout le monde est aux aguets et ne veut rien manquer du voyage !

C’est un tronçon très sinueux et très fluide.  Entre-temps, nous approchons d’un premier « point de repère » important : le « Thames Tidal Barrier » (barrage contre les marées de la Tamise).  Cette structure est censée protéger Londres et ses environs lors de la tempête de 1000 ans, des niveaux d’eau élevés et des ondes de tempête.  Le message est le suivant : il faut faire attention à prendre la bonne « porte » pour la navigation de plaisance et écouter le bon canal VHF.

La construction semble étrange, avec ses 10 portes en acier, la structure s’étend sur 520 mètres et peut être « endiguée » par le courant.  Chaque porte principale pèse 3 300 tonnes et, lorsqu’elles sont levées, elles sont aussi hautes qu’un bâtiment de cinq étages et aussi larges que l’ouverture du Tower Bridge.  Les capuchons de protection en métal confèrent une certaine beauté à la structure, rappelant les casques des gardes de la ville.

Millennium Dome

Nous approchons la ville !

Le Tidal Barrier est un signe immédiat que nous approchons la ville.  Les gratte-ciel qui entourent le cours d’eau soulignent l’activité économique intense de cette métropole.

À l’extrémité d’un grand coude du cours d’eau, nous apercevons le « millenium dome ».  Il s’agit d’une sphère blanche avec 12 tours de soutien jaunes de 100 mètres de haut.  Une pour chaque heure de l’horloge, reflétant le rôle du temps moyen de Greenwich.

Greenwich est le prochain point de repère important sur le côté bâbord.  Les bâtiments historiques du « Naval College » contrastent avec les gratte-ciel modernes qui ne cessent de se multiplier. N’oubliez pas que nous naviguons sur le méridien d’origine et que nous nous trouvons actuellement dans l’hémisphère occidental.  Nous apercevons la silhouette du navire-musée Cutty Sark, peut-être une destination touristique pour les marins ?

Nous suivons avec tension les méandres du fleuve, le long des quais rénovés… quand verrons-nous la destination finale ?
Pour l’Elise, il s’agit de St Katharine Dock Marina, dont l’emplacement est unique.  Il y a plusieurs marinas sur la Tamise, la plupart accessibles 2 heures avant et 2 heures après la marée haute.  Le marnage (différence entre la marée haute et la marée basse) peut atteindre environ 7 mètres à London Bridge !  De plus, et pour y entrer, il faut franchir les seuils., ce qui signifie que nous n’avons pas beaucoup de choix.

Naval College
Naval College

Et whaaw, après un dernier virage, nous apercevons l’horizon londonien, avec en bonne place le Tower Bridge, une icône qui ne laisse personne indifférent.
Nous sommes arrivés et nous pouvons naviguer dans le port de St Katharine Docks, qui jouit d’un emplacement unique… du moins en grande partie.  Nous sommes malchanceux lorsque nous apprenons que notre place est réservée, mais qu’en raison d’une pénurie de personnel, nous ne pourrons entrer que demain matin….

Parfois, la malchance est un peu une chance !  Hilde appelle obstinément toutes les marinas et tous les mouillages : oef, le Hermitage Community Moorings a exceptionnellement un mouillage disponible pour une nuit.  Normalement, cette marina est réservée aux péniches historiques, dont l’une voyage, ce qui nous permet d’avoir une place unique le long du cours d’eau.

Depuis le bateau, nous surplombons Tower Bridge, la Tamise, les gratte-ciel impressionnants, le trafic maritime intense, les bateaux qui font la fête.  Il n’y a pas de meilleur endroit pour observer la vie trépidante sur le fleuve, qui devient plus calme après 22 heures.

Tower Bridge la nuit...

Il reste suffisamment de temps pour mettre pied à terre pour la première fois et explorer rapidement les environs.  La vue depuis le bateau est si séduisante que nous nous empressons de faire des provisions pour dîner à bord dans le luxueux cockpit.  La nuit tombe et le Tower Bridge illumine la nuit de manière enchanteresse.

Le lendemain matin, nous devons abandonner notre poste d’amarrage et naviguer jusqu’à la marina.  C’est en fait juste avant la Tour.  On nous attribue une place dans le bassin, entouré de terrasses.

Tower Bridge at night
Tower Bridge & Butler's Wharf

Il est redondant et, surtout, interminable d’énumérer ce que l’on peut visiter et expérimenter à Londres.  Nous allons tout de même vous donner deux conseils :

  • Conseil n° 1 : se déplacer en bateau-taxi ! Bien sûr, il y a le métro, les bus rouges et les taxis qui circulent en permanence.  Mais à proximité de l’amarrage, montez à bord d’un bateau-taxi qui vous emmènera sur la Tamise vers de nombreuses destinations.
  • Conseil n°2 : pourquoi ne pas rendre visite (en bateau-taxi) à l’observatoire de Greenwich ? Dans un cadre verdoyant, vous avez un petit musée où les connaissances théoriques de vos permis de croisière sont expliquées de manière didactique et vous pouvez vous tenir sur le méridien… Pour changer, vous pouvez bien sûr visiter le Cutty Sark.

Le retour...

Une fois la partie touristique du voyage terminée (vous restez au moins une journée, n’est-ce pas ?), nous entamons le voyage de retour.  Toujours en fonction de la marée haute, sortie de l’écluse et au revoir St Katharine Docks, Tower Bridge…Londres.

Même par temps gris, le courant est une expérience.  C’est comme si les sites étaient encore plus fascinants la deuxième fois.  Il faut être vigilant car avec un courant vif, nous naviguons constamment à 8-10 nœuds, risquant à certains endroits une contravention pour excès de vitesse.

Le retour laisse plusieurs choix :

  • Si nous partons à l’heure, nous serons dans l’estuaire quatre heures plus tard et pourrons faire le saut à Ramsgate, par exemple.
  • Pour le trajet direct Londres-Ostende, nous avons besoin de marins de nuit à bord et, bien sûr, le temps doit coopérer.
  • Une option plus tranquille consiste à rejoindre Queenborough et à rentrer le lendemain, avec ou sans escale à Ramsgate.

Le voyage de retour est à nouveau une véritable expérience de navigation, avec le calcul des marées, le choix de la route optimale, le réglage constant de la grand-voile et du génois….

Les dieux de la météo sont parfois capricieux !  Avec un peu de chance, le moteur est éteint, nous n’entendons que le bruit de l’Elise fendant les vagues et sentons le vent dans nos cheveux.

Accompagnés d’un magnifique coucher de soleil, nous entrons le port d’ Ostende pour attendre l’écluse du lendemain au quai d’attente..

Londres avec l'Elise

Inutile de dire que le voyage, le voyage, nous laisse des souvenirs inoubliables.
L’image du Tower Bridge de nuit reste certainement gravée dans nos mémoires….

Si vous souhaitez faire ce voyage à Londres, prévoyez un minimum de 5 jours.
Si vous souhaitez voir Londres pendant plusieurs jours, ajoutez des jours à…